Les modèles de risque prédisaient plus de huit impacts par an et par turbine. En conditions réelles, les oiseaux esquivent. Et les données pour le prouver existent enfin.

Zéro collision en 19 mois : l'IA démonte un argument clé des anti-éolien. © Shutterstock
Zéro collision en 19 mois : l'IA démonte un argument clé des anti-éolien. © Shutterstock

Une étude menée par Vattenfall et la startup norvégienne Spoor vient de livrer un résultat sans appel. Le dispositif a fonctionné entre juin 2023 et décembre 2024. Pendant 19 mois, un système de caméras dopé à l'IA a surveillé une éolienne offshore au large d'Aberdeen. Le bilan : 2 007 trajectoires de vol suivies. Il n'a enregistré aucune collision confirmée.

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Des prédictions déconnectées de la réalité observée

L'étude environnementale initiale du parc éolien d'Aberdeen Bay estimait le risque à environ 8,5 collisions par turbine et par an. Le taux réel observé se situe « plusieurs ordres de grandeur en dessous », selon les termes d'Ask Helseth. L'écart ne relève pas de l'anecdote. Il remet en cause les modèles de risque utilisés partout dans le monde pour évaluer l'impact des éoliennes sur l'avifaune.

Installation éolienne, baie d'Aberdeen © DanoAberdeen, Google Maps

Ces modèles reposent sur des hypothèses prudentes. Ils supposent que les oiseaux ne modifient pas leur trajectoire à l'approche des pales. Les premières études Vattenfall avaient déjà montré un comportement d'évitement, mais sur des périodes courtes. La nouveauté tient à la durée du suivi et à sa continuité. Le système a couvert 95 % des heures diurnes sur toute la période.

Le British Trust for Ornithology, organisme indépendant, a validé scientifiquement les résultats. La technologie de Spoor détecte des oiseaux jusqu'à deux kilomètres de distance, avec un taux de précision supérieur à 90 %. Chaque détection est vérifiée par des ornithologues lors d'un contrôle qualité hebdomadaire.

Le constat ne signifie pas que les collisions n'existent nulle part. Mais il prouve que les oiseaux marins adoptent des comportements d'évitement bien plus efficaces que prévu. L'argument selon lequel les éoliennes déciment les populations d'oiseaux, régulièrement brandi par les opposants, perd une partie de sa base factuelle.

Pourquoi ces données changent la donne pour l'éolien européen

Les conséquences sont concrètes. Les parcs éoliens terrestres et offshore doivent obtenir des autorisations environnementales avant leur construction. Des modèles surestimant le risque aviaire entraînent des conditions d'exploitation plus restrictives. Certaines turbines sont arrêtées préventivement pendant des périodes entières. D'autres projets accumulent les retards administratifs faute de données fiables.

Spoor propose de transformer le suivi ponctuel en infrastructure permanente. La startup travaille déjà avec plusieurs fournisseurs d'énergie scandinaves et TotalEnergies. Le groupe français opère plusieurs projets éoliens offshore en mer du Nord et en Manche. Il intègre le monitoring IA de Spoor dans ses procédures environnementales. Son système repose sur des caméras haute résolution et des modèles de vision par ordinateur. Le traitement s'effectue localement, dans la nacelle de la turbine. Seules les données utiles remontent vers la plateforme centrale.

Pour l'éolien français, ces résultats arrivent au bon moment. TotalEnergies développe plusieurs parcs offshore au large des côtes françaises. Disposer de données réelles plutôt que de projections théoriques pourrait accélérer les procédures d'autorisation. À condition que les régulateurs acceptent de mettre à jour leurs modèles.